ce sujet regroupe les messages sur la liste AFES suite au decès de Michel Isambert
C’est avec tristesse que nous vous informons du décès de Michel Isambert ce lundi. Pour ceux qui ne l’ont pas connu, Michel était un pédologue-cartographe de l’unité de recherche en science du sol - Service d’étude des sols et de la carte pédologique de France de l’INRA (aujourd’hui devenue Info&Sols d’INRAE). Il fût un des piliers de la cartographie au 1/100 000 en France et a notamment réalisé la carte au 1/100 000 de Châteaudun. Il était parti à la retraite au début des années 2000 mais était resté longtemps très actif pour faire connaître et protéger les sols, notamment au sein de l’AFES. La cérémonie aura lieu à l’église St Yves de Orléans La Source à 15 heures lundi prochain 31 août. Nos pensées vont à ses amis et à sa famille.
Christine LE BAS
Bonjour,
C’est avec une profonde tristesse que j’apprends cette nouvelle. Michel avait été présent lors de ma thèse, pour des discussions où je devrais affiner mon argumentaire, des découvertes des terrains de l’orléanais. Il était présent, même à la retraite, pour accueillir les nouveaux, les motiver, leur trouver des solutions pour découvrir encore plus les sols, la pédologie, les pédologues. Il a été une figure de l’Afes pendant des années, en tant qu’administrateur ou entre 2 mandats, toujours très actif pour tenir la barre associative et défendre les sols bien entendu, et l’environnement en général.
Mes pensées vont aussi à sa famille et ses amies et amis.
Pédologiquement vôtre
Céline CB
Bonjour à tous,
Notre ami Michel est arrivé à Versailles alors que je venais d’être recruté. A cette époque je poursuivais ma formation en géologie au CNAM et, durant la même période, j’ai pu suivre les cours de Georges Pédro.
Peu après son arrivée à Versailles Michel s’est vu confier la réalisation de la carte au 100.000ème de Châteaudun. Or cette carte couvre l’ensemble de la région où j’ai vécu dans ma jeunesse dans la ferme de mes parents.
Dès ses premiers contacts avec le terrain nous avons échangé sur nos connaissances réciproques de la région, sur les interlocuteurs possibles pour réaliser des repérages et ensuite décrire des profils pédologiques. Il s’avère que la ferme de mes parents est à l’interface entre les sols des collines du Perche et ceux du faux Perche: d’une part la couverture limoneuse reposant sur de l’argile à silex avec des sols de moins en moins dégradés en allant vers la plaine de Beauce, et d’autre partl, les sols dans les collines du Perche qui dépendent en premier lieu du substrat géologique. Avec lui j’ai parcouru toute cette région allant de Nogent-le-Rotrou à Châteaudun.
Ayant une passé d’agriculteur, j’ai pu établir un lien avec la distribution des sols et comprendre certaines évolutions pédologiques typiques de cette région, ainsi que les contraintes auxquelles les patriciens sont soumis. Mais aussi, mieux saisir par exemple l’importance des sols pour l’élevage du cheval percheron ou encore la nécessité du drainage dans des sols engorgés en hiver et trop secs en été.
C’est Michel qui m’a permis de mieux comprendre la pédologie sous ses aspects les plus divers. J’ai pu étudier de manière précise les argiles de cette région et leur comportement, en particulier dans ma thèse.
Je lui dois donc beaucoup. C’était en outre quelqu’un de charmant, attentif aux autres, avec qui on avait beaucoup de plaisir à échanger, et pas seulement sur les sols.
Daniel Tessier
Michel !!!
Il faudra écrire un jour ce roman de la garde rapprochée des sols, de ces arpenteurs de paysages, inventeurs d’horizons, savoureurs de textures, cette confrérie d’abbés en bottes, de pâtissiers du terme, de curateurs de la limite, d’orfèvres de l’unité, ces dérouleurs d’histoire…
Envoyé de mon iPhone (peut ^etre Etienne Dambrine)
Je ne me souviens même plus exactement où j’ai rencontré Michel pour la première fois. Car c’est très loin dans le temps. En 1966, sur les bancs de la faculté des Sciences à Paris ?
Michel Isambert a été un des premiers recrutés comme Ingénieur au SESCPF. Ce fut donc un des « premiers compagnons de route » de Marcel Jamagne avec Jacques Roque, Jean-Claude Bégon et moi-même.
Il a surtout travaillé à cartographier les sols dans le Perche et le Faux-Perche. D’où la publication de la carte de Châteaudun en 1984 dont la notice est un bon exemple de clarté et de pédagogie.
Il fut toujours un militant de la cause des sols, à l’AFES (dont il fut trésorier) comme dans sa vie quotidienne professionnelle, puis dans son activité de retraité.
Il était toujours très empathique, accueillant et pédagogue vis-à-vis des jeunes. Et toujours amical avec ses collègues.
Condoléances à sa famille,
Denis Baize
Pédologue INRA en retraite
Bonjour,
Michel Isambert, né en 1939, a été le premier ingénieur de recherche embauché par Marcel Jamagne, lors de la création en 1969 du Service d’étude des sols et de la carte pédologique de France, alors logé à l’INRA de Versailles. Diplômé ingénieur agronome de l’Agro’ (Paris ou Grignon ?), il avait également une licence en géologie de la Faculté des Sciences de Paris. En complément de son travail de cartographie des sols, il était très attaché à la transmission des connaissances particulièrement pour les non-pédologues. En 1989, il publie un fascicule « Formation » au CRDP d’Orléans intitulé « Dynamiques actuelles de sols « (83 pages, et surtout une pochette de 20 diapositives), fascicule très simple parce que très pédagogique.
C’était d’ailleurs un très grand pédagogue lorsqu’il s’agissait d’expliquer sur le terrain ce qu’est un SOL, son fonctionnement, son utilisation. Toujours et surtout pendant sa retraite, il militait contre la bétonisation, l’artificialisation des sols. En 2019, il fut le seul pédologue à batailler et à signer (avec plusieurs personnalités politiques) le manifeste contre la création du gigantesque centre commercial, sur les champs de Gonesse, de très bons sols limoneux) le projet Europa city.
Compagnon de route très agréable, très chaleureux, communicatif, je me rappellerai longtemps les sorties de terrain ou les réunions AFES en sa compagnie. Un ami qui disparaît est toujours un moment de peine mais rappelle aussi les souvenirs forts qui restent longtemps dans notre mémoire.
Très cordialement vôtre
Clément MATHIEU
Professeur de Science du sol
Membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer
De bien tristes nouvelles que ces décès. Michel Isambert que j’ai connu en fin de carrière à Orléans et Gérard Bourgeon, grand connaisseur de l’Inde et de ses sols que j’ai eu de nombreuses occasions de rencontrer à Pondicherry, amateur de minéralogie, géomorphologie et de Rava Dosai au goûter, avec ce goût de la découverte et du partage qu’ont gardé les grands enfants.
Mes plus sincères condoléances à leurs proches,
Êva Lacarce