Webinaire de l’European Citizen Science Association (ECSA) intitulé “Engaging farmers in citizen science projects”
https://www.youtube.com/watch?v=9rhlhikc_wg
SYNTHESE GENEREE PAR IA (et relue par Clément)
Le webinaire est le n°5 de la série PataFEST, « Engaging farmers in citizen science projects ». L’objectif annoncé est justement d’examiner les motivations, difficultés et approches concrètes pour associer les agriculteur·rices à des projets de sciences citoyennes, à partir de trois expériences très différentes.
Annabel Martin – Westcountry Rivers Trust : créer les conditions de l’engagement des agriculteurs
Annabel Martin travaille sur l’accompagnement des agriculteurs dans des projets environnementaux, notamment autour de la qualité de l’eau, des sols et de la biodiversité. Elle dirige aujourd’hui l’équipe « Land Management » du Westcountry Rivers Trust et a elle-même travaillé plusieurs années comme conseillère agricole dans le programme Upstream Thinking.
Ce qui ressort de son expérience, et qui semble constituer le cœur de son intervention, c’est que l’engagement ne se décrète pas par un appel à participation. Il repose beaucoup sur :
- la construction de relations dans la durée avec les agriculteurs ;
- la présence de personnes qui connaissent réellement les exploitations et leur contexte ;
- une approche qui cherche des bénéfices à la fois pour l’environnement et pour l’exploitation agricole ;
- la confiance dans l’interlocuteur et dans l’utilité de ce qui est proposé ;
- des formes d’accompagnement assez individualisées plutôt qu’une simple transmission descendante d’informations.
Le programme Upstream Thinking illustre particulièrement cette logique : il fonctionne depuis de nombreuses années à l’échelle des bassins versants et repose sur des partenariats durables avec les agriculteurs pour agir notamment sur le ruissellement, les pollutions diffuses et la qualité de l’eau.
Idée importante pour les SRP : avant de demander aux agriculteurs de « participer à la recherche », il faut probablement se demander quelle relation existe déjà avec eux, qui porte cette relation et quelle valeur ils trouvent eux-mêmes à la démarche.
Djurdja Kerkez – Soil Sentinel : faire des agriculteurs de véritables producteurs de données
Son intervention présente Soil Sentinel, projet serbe de sciences citoyennes consacré à la santé des sols et à l’utilisation durable des boues d’épuration en agriculture. Les agriculteurs sont formés à effectuer eux-mêmes des prélèvements de sols ; leurs échantillons sont ensuite comparés à ceux prélevés par des experts afin d’évaluer et sécuriser la qualité des données.
L’intérêt de ce cas est que la participation ne consiste pas uniquement à « sensibiliser » les agriculteurs : ils prennent directement part au processus de production de connaissances.
Le projet combine plusieurs dimensions :
formation → collecte par les agriculteurs → analyses scientifiques → comparaison/validation → production de connaissances utiles aux pratiques agricoles et aux politiques publiques.
Il y a donc un vrai enjeu de capacité à produire des données fiables : il ne s’agit pas d’opposer données citoyennes et données scientifiques, mais de construire un protocole qui permette de contrôler leur qualité.
Autre caractéristique intéressante : Soil Sentinel présente explicitement la démarche comme une façon de créer une communauté circulaire reliant agriculteurs, chercheurs, laboratoires et acteurs publics autour de la valorisation des matières organiques et de la fertilité des sols.
Pour les SRP Sols, celui-là me paraît particulièrement intéressant : on retrouve directement vos questions de protocole, formation des participants, qualité/validation des données et articulation entre données produites par des non-scientifiques et expertise professionnelle.
Luis Montesdeoca – Agropapa, Équateur : partir des organisations et des réalités agricoles
Le troisième témoignage apporte un contexte assez différent : Luis Montesdeoca représente Agropapa, une organisation équatorienne de producteurs de pommes de terre. Son intervention est annoncée comme un retour d’expérience sur les défis et opportunités de l’implication des agriculteurs dans la recherche, avec une perspective latino-américaine.
Agropapa ne constitue pas seulement un groupe de participants à une expérimentation : c’est une organisation agricole existante, impliquée dans la production et multiplication de semences de pommes de terre, la commercialisation et la transformation de variétés locales andines.
Ça déplace donc un peu la question de départ : plutôt que de partir d’un projet de recherche qui cherche ensuite « comment recruter des agriculteurs », on peut partir d’organisations agricoles déjà structurées, de leurs problématiques et de leurs réseaux.
Dit autrement : l’agriculteur n’est pas forcément un « citoyen participant » individuel que la recherche doit aller chercher. Il peut déjà appartenir à une organisation collective avec ses savoirs, ses intérêts économiques, ses priorités et ses capacités d’action.
En croisant ces trois cas, le message général me semble être que « engager des agriculteurs » est beaucoup moins une question de recrutement que de construction d’une relation et d’un dispositif qui a du sens pour eux. C’est une inférence à partir des trois cas présentés plutôt qu’une citation explicite de la vidéo.
On retrouve notamment plusieurs conditions qui se répondent :
→ partir d’un problème concret et pertinent pour les agriculteurs ;
→ s’appuyer sur des relations ou organisations de confiance ;
→ reconnaître leurs savoirs et leur capacité à contribuer réellement à la recherche ;
→ rendre explicite ce qu’ils retirent de leur participation ;
→ leur donner les moyens de participer correctement, notamment par la formation ;
→ prévoir la question de la qualité des données dès la conception du dispositif ;
→ penser l’engagement dans la durée et pas seulement comme une campagne ponctuelle de collecte.
Et ça rejoint assez directement les questions de conception des SRP : la qualité scientifique du dispositif et la qualité de la relation avec les participants ne sont pas deux sujets séparés. Soil Sentinel en est un bon exemple : la formation des agriculteurs sert simultanément leur montée en compétence, leur implication dans le projet et la qualité des données produites."